
À ce jour, le Vietnam est le leader mondial des exportations de noix de cajou et connaît une forte augmentation des importations de matières premières cette année, principalement en provenance du Cambodge et des pays africains.
Selon les statistiques préliminaires du Département des douanes, le Vietnam a importé plus de 272 000 tonnes de noix de cajou en septembre, pour une valeur de plus de 401 millions de dollars — soit une légère hausse de 0,6 % en volume et de 1,8 % en valeur par rapport au mois précédent.
Au total, au cours des trois premiers trimestres de l’année, le pays a dépensé plus de 3,7 milliards de dollars pour importer des noix de cajou, avec un volume dépassant 2,4 millions de tonnes — en hausse de 12,4 % en quantité et de 38,9 % en valeur par rapport à la même période en 2024.

En termes de marché, le Cambodge est actuellement le plus grand fournisseur de noix de cajou du Vietnam, avec plus de 951 000 tonnes pour une valeur de plus de 1,4 milliard de dollars — soit une hausse de 18 % en volume et de 38 % en valeur par rapport à la même période l’an dernier. Le prix moyen à l’importation a atteint 1 515 dollars par tonne, en hausse de 26 % par rapport aux neuf premiers mois de 2024.
La Côte d’Ivoire arrive en deuxième position avec plus de 542 000 tonnes, pour une valeur de plus de 822 millions de dollars — en hausse de 13 % en volume et de 42 % en valeur sur un an. Le prix moyen a également augmenté de 26 %, atteignant 1 515 dollars par tonne.
Le Ghana est le troisième fournisseur en volume, avec plus de 204 000 tonnes pour une valeur de plus de 302 millions de dollars. Toutefois, cela représente une baisse de 19 % en volume, mais une hausse de 5 % en valeur par rapport à la même période. Le prix moyen a augmenté de 30 %, atteignant 1 479 dollars par tonne.
Le Cambodge est devenu une source stratégique de matières premières pour l’industrie vietnamienne de la noix de cajou, grâce à sa proximité géographique et à la qualité de ses noix, compatible avec les exigences des usines de transformation locales. De nombreuses entreprises vietnamiennes ont investi dans des zones de production dans l’est du Cambodge pour garantir un approvisionnement stable.
Le Vietnam détient actuellement environ 80 % de la part de marché mondiale des exportations de noix de cajou transformées, avec un réseau de plus de 500 usines de transformation, principalement situées à Binh Phuoc, Dong Nai, Binh Duong et dans les Hauts Plateaux du Centre. Les importations massives de noix de cajou brutes en provenance du Cambodge et d’Afrique permettent d’assurer une production continue tout au long de l’année, alors que la culture nationale ne couvre qu’une partie des besoins.
La forte hausse des prix des noix de cajou brutes en 2025 résulte de plusieurs facteurs imbriqués. Tout d’abord, l’offre dans certains grands pays producteurs d’Afrique de l’Ouest a fortement diminué en raison de la sécheresse prolongée et de l’augmentation des coûts agricoles, entraînant une baisse des récoltes. Par ailleurs, la demande croissante de matières premières pour la transformation et l’exportation dans des centres majeurs comme le Vietnam, l’Inde et la Côte d’Ivoire a intensifié la concurrence sur le marché.
Au-delà de l’offre et de la demande, les coûts logistiques et de transport de l’Afrique vers l’Asie restent élevés en raison du manque de conteneurs et de la hausse des primes d’assurance, ce qui renchérit les prix à l’importation. Parallèlement, la consommation de produits à base de fruits à coque, notamment aux États-Unis, en Europe et en Chine, reprend après une période de ralentissement, entraînant une hausse des prix des noix de cajou transformées et, par ricochet, des noix brutes.
Malgré la hausse des prix des matières premières, la demande sur les marchés clés comme les États-Unis, l’UE et la Chine reste stable, permettant au Vietnam de conserver sa position de premier centre mondial de transformation et d’exportation de noix de cajou.
Như Quỳnh (selon An ninh Tiền tệ)
Source : CafeF